100% des gagnants ont tenté leur chance
- Cécile Badouard
- 21 mai 2025
- 2 min de lecture
Les Bingos, je les ai toujours connus en Espagne.
Les Espagnols, amateurs invétérés de jeux du hasard s’y prêtent depuis toujours, toutes générations confondues, dans des ambiances festives où le hurlement « BINGO » aussi tonitruant que le « goallllll » du football retentit quand une grille est remplie par un joueur. Une pratique culturelle.
Le bingo a traversé les Pyrénées pour s’étendre dans plus de 150 000 communes françaises (allez sur le site de Loto Passion pour les découvrir).
A l’initiative d’associations sportives de villages notamment, les lotos bingo dits lotos associatifs envahissent les salles de fête.
Le bingo a même fait un passage par le luxe en décembre dernier : Jacquemus a en effet organisé une soirée loterie dans l’ancien siège du PCF. So chic et so ironic ?
Côté pile :
Des moments joyeux, conviviaux, chaleureux, du lien social pour tous et pas uniquement pour les plus âgés. C’est ce qui est nouveau.
Côté face :
Des associations sans le sou faute de deniers publics qui se refont en organisant ces bingos.
Des familles dans la précarité qui s'achètent un peu de pouvoir d'achat, et de "consommation bonheur" : appareils électroménagers, consoles de jeux…mais surtout bons d’achat alimentaires et cartes-cadeaux.
Ça dit quoi de notre époque ?
Que la pauvreté se creuse durablement, celle des fins de mois jamais bouclées
Que la puissance publique n’est plus à même d’aider, ni les associations ni les plus modestes.
La France des lotos bingos, c’est la France du hard discount et de la débrouille que décrivent Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely, celle qui est prête à faire des kilomètres pour des lots attractifs, celle qui emprunte des routes secondaires, qui n’a plus d’assurance auto…celle qui joue en permanence à déjouer cette vie précaire.
BINGO pour qui ?
BINGO sans nul doute pour ces nouveaux marchands de bonheur
Quelle époque !










Commentaires