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D’Henri IV à BK, quelle trajectoire……que celle du poulet du dimanche !

  • Photo du rédacteur: Cécile Badouard
    Cécile Badouard
  • il y a 7 jours
  • 2 min de lecture

Plus qu’un simple plat, le poulet du dimanche est une institution française qui dépasse les âges, les classes et les époques.

Pourquoi vous en parler aujourd’hui ?

Pas pour évoquer la chickenmania ((la volaille est depuis l’an dernier la viande la plus consommée en France) qui s’empare de l’hexagone et notamment des jeunes, des politiques, des media (à la une de Libé le 6 mai) mais pour parler de cette tradition sacrée qui traverse les cultures et les modes de vie pour revenir en force aujourd’hui.


Récemment, je découvre au menu d’un restau parisien, en plat du jour un mardi, le poulet rôti du dimanche.


Quasiment au même moment, la campagne Burger King, smart, très smart, détournant le junkpoulet et ses polémiques (cf plus haut) pour endosser le statut d’un poulet traditionnel renouvelant un rituel. (Bravo le marketing ou pas ?)


Pourquoi ce plat sacré, ce souvenir de famille, ce marqueur social, cette recette bien gardée (celle de ma mère était exceptionnelle et restera à jamais gravée dans mes papilles et dans mon coeur), inspire-t-il autant la restauration, les chefs et tous les Français ?


Peut-être parce qu’il ne parle pas seulement de cuisine.


Mais il en parle tout de même : cette volaille dorée au four avec sa peau croustillante et ses pommes de terre baignant allègrement dans le gras est une gourmandise absolue en même temps qu’un réconfort certain.


Mais il est davantage en effet.


Il parle d’un temps où le repas dominical faisait encore famille, où le dimanche avait une forme propre, où la table disait quelque chose du temps partagé, du temps long, du goût (pour qui le blanc, pour qui les cuisses ?), de moments de vérité, d’un rendez-vous sanctuarisé attendu ou craint, des rôles de chacun voire de la hiérarchie sociale (l’aile ou la cuisse ou le croupion ?).


Un plat simple, une pause sacrée, chargée d’un imaginaire très fort.

Ce qui est frappant aujourd’hui, c’est moins son retour que sa circulation.

Le poulet du dimanche quitte le dimanche, déborde du foyer, se rejoue au restaurant, des grandes tables au fast food, d’un plat populaire à un plat gastronomique.


Il continue de porter ce qu’il a toujours porté me semble-t-il : un rite, un repère, un réconfort et beaucoup d’enfance.


Et c’est peut-être cela qui nous touche encore.

Pas la nostalgie d’un monde perdu, mais la persistance d’un imaginaire commun, quelque chose qui revient parce qu’il n’a jamais tout à fait disparu.



La force de la permanence. La force du familier.




 
 
 

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