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Je n’en peux plus.

Photo du rédacteur: Cécile Badouard
Cécile Badouard
il y a 5 jours
2 min de lecture

Je n’en peux plus des discours nostalgiques et du "présentisme" ambiant. 


La nostalgie existe, elle s’explique, elle est même une passion qui fédère les Français (cf. l’article éclairant de «Nous les Français»). 


Je ne le conteste pas. 

C’est une réalité.


Transformée en un juteux business, de l’automobile, au cinéma, en passant par l’alimentaire, la mode, les vinyles, et autres objets disparus, chacun y va de son amour des sixties, des 70's, des 80's, des 90's, voire même de l’époque gallo-romaine et du moyen âge… 


Mais à force de regarder derrière nous, on recycle inlassablement tout en nous rabougrissant.


Ressasser est-il constructif ? 


Avoir ce mal du pays (étymologie de nostalgie) nous fait-il du bien ? 


Derrière cette illusion du paradis perdu se cache beaucoup de mélancolie (sentiment le plus partagé) et un leurre qui nous empêche d’agir, d’avancer, de décider, de construire pour demain. 

Une époque est toujours bénie, a posteriori, une fois disparue ! 



Et quand on ne parle pas de ce passé qui aurait été tellement parfait, on parle présent, ici et maintenant. 

Court-termisme, zéro projection, zéro planification, zéro vision. 

"Quand le présent gouverne, les jeunes trinquent"

Ça fait du bien, ou en tout cas, ça m’a fait du bien d’entendre Pierre Rosanvallon dénoncer ce qu'il appelle une "myopie démocratique" des responsables politiques prenant des décisions en se concentrant sur le présent sans prendre en compte l'avenir tout en repoussant les problèmes actuels sur les générations futures. Quelle lâcheté, quelle injustice ! 


On regrette, on regarde dans le rétroviseur, on vit sur le moment, mais on ne regarde plus devant nous. 


On n’espère plus. 

On ne rêve plus.

Car c’est ça se tourner vers l’avenir, c’est imaginer, c’est rêver, c’est espérer. 

C’est, comme dit la chanson, avoir soif d’idéal.

Parce que, dans le fond, on est une foule sentimentale. 


Qui sait, peut-être qu’un candidat à la Présidentielle va s’emparer de l’avenir qui nous fait tant défaut. 



 
 
 

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